Information Platanes 2

Les informations les plus récentes sont en haut de  cette page, précédées par celles de la page Platane 1, cet ensemble étant destiné à ceux qui voudraient suivre en détail tout le déroulement de cette lamentable histoire.

 

Pour lire les articles du Parisien : voir page Actualités

Pour en savoir plus sur l’histoire des platanes de la rue Louis Rolland : voir page Vieux Montrouge

 

Les platanes abattus de rue Louis Rolland, vus de la N20 vers l’avenue Henri Ginoux.  On remarquera que la rue bénéfice déjà d’un système d’éclairage adéquat et sobre.




Association 1901 de défense du cadre
de vie des quartiers de Montrouge

20 rue Louis Rolland
92120 Montrouge

Monsieur le Préfet des Hauts-de Seine

167-177 avenue Joliot-Curie

92013 Nanterre Cedex


le 11 décembre 2012

URGENT


Objet : Sauver de l’abattage un alignement historique de platanes




Monsieur le Préfet,

Sans intervention immédiate, un alignement historique de platanes sera abattu dans les jours qui viennent, ce qui défigurera la rue Louis-Rolland à Montrouge. Cet alignement, que l’on retrouve de longue date sur les plans de Montrouge depuis au moins celui de Roussel de 1731, aboutissait au château de Montrouge, aujourd’hui disparu. Il fait la personnalité et le charme de la rue, et il appartient au patrimoine de notre ville.

Malgré des tailles brutales, 57 platanes offrent leur charpente puissante, leurs frondaisons, et assurent aux Montrougiens la meilleure protection possible contre la pollution et le réchauffement climatique (cette rue se situant tout près de la N 20 et du périphérique). Leur élégance, enfin, fait de la rue Louis-Rolland l’une des plus jolies de la ville.

Pourquoi veut-on abattre les platanes ? On leur reproche d’être malades. Or ces arbres s’accrochent à la vie, malgré la carence de soins et d’arrosage, le peu d’eau de pluie parvenant à leurs pieds à peine dégagés de l’asphalte, l’absence totale de protection contre les pare-chocs des voitures, l’agression causée par le salage et les produits nettoyants des trottoirs, ainsi que la mutilation de leurs racines à chaque intervention sur les réseaux enfouis. Faut-il qu’ils soient robustes pour résister à pareil traitement !

Les experts consultés, tant par l’association que par la Mairie, assurent que nombre de ces platanes peuvent être soignés, même si certains d’entre eux doivent être remplacés. De là à les abattre tous ! 57 platanes !

La décision d’abattage a été prise le 3 décembre dernier dans des conditions qui nous semblent contestables. Déjà, le 30 mai dernier, quelques riverains apprenaient lors d’une réunion convoquée à la hâte par la mairie que les platanes allaient être abattus le 4 juin, soit
5 jours plus tard.  La réunion a été houleuse et la mairie a dû annuler l’abattage programmé.  Par ailleurs, 227 personnes se sont prononcées pour la sauvegarde des platanes en signant une pétition que nous tenons à votre disposition.

Le 19 novembre quelques riverains ont été invités à une nouvelle réunion ayant pour objet le réaménagement de la rue Louis-Rolland. Le courrier de la mairie, que vous trouverez en pièce jointe, ne mentionnait pas les arbres.  Il n’annonçait aucun vote.

Lors de cette réunion, à l’issue d’une présentation sommaire de deux projets d’aménagement, il a été demandé aux présents de voter pour l’un ou l’autre, ceci sans pouvoir consulter de document, ni prendre le temps de la réflexion. Seules les personnes de la mairie disposaient d’un micro. Ceux qui ont voulu intervenir afin de faire valoir des arguments en faveur de la conservation des platanes n’ont pas pu se faire entendre de l’assistance, le micro leur étant refusé.

Par 23 voix contre 19, le choix du remplacement des platanes par des cerisiers japonais décoratifs a été adopté. Cette essence fragile et non adaptée à l’environnement citadin est utilisé comme du simple mobilier urbain, qu’il faudra remplacer regulièrement.

Or un arbre en ville est précieux pour la qualité de vie des riverains mais aussi de l’ensemble des habitants, il est un élément important du patrimoine collectif et il est le témoin d’une histoire où l’on plantait avec soin pour les générations à venir. Enfin, en ces temps de bouleversements climatiques, avoir de grands arbres robustes nous paraît être un capital essentiel à préserver.

C’est pourquoi, Monsieur le Préfet, nous sollicitons d’urgence votre intervention auprès du maire de Montrouge pour suspendre l’abattage et procéder à une réelle concertation de l’ensemble de la population concernée.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Préfet, l'expression de ma considération respectueuse.


Stephen Murez

président de l’Association Mon Montrouge


Pièces jointes:

Courrier de la Mairie de Montrouge du 19 novembre 2012

Courrier de la Mairie de Montrouge du 15 mai 2012



Dimanche 30 décembre, des membres de l’association ont annoncé l’abattage des platanes par ces affiches.  Bon nombre de riverains, scandalisés, n’étaient pas du tout au courant.

Ci-dessous, pour info, la précédente pétition, dont les plus de 700 signatures (web+papier) n’ont pas suffi à détourner la mairie de leur projet dévastateur.  La signer n’est plus d’actualité, mes commentaires sur cette pétition en ligne apportent un peu de baume au coeur.  Sur place c’est la désolation.

Ne nous laissons pas abattre !

Les grands et beaux arbres en milieu urbain font partie de notre patrimoine et de notre cadre de vie à tous. Ils nous aident à respirer un air plus salubre en nous protégeant contre la pollution (absorption du CO2) et ils réduisent de façon mesurable la chaleur en ville (ils assurent une climatisation naturelle). L’alignement historique de 57 platanes de la rue Louis Rolland figurait sur les cartes de Montrouge depuis 1731. Ces grands arbres donnaient un charme inégalable à la rue dont tous les Montrougiens profitaient et beaucoup en étaient fiers. Leur abattage brutal, rapide et sans justification crédible nous choque, nous bouleverse et nous porte un véritable préjudice.


POURQUOI NOUS DEMANDONS QUE D’AUTRES PLATANES SOIENT REPLANTÉS :

1°) La décision de les abattre a été prise lors d'une réunion publique sur la base d'un bilan erroné de l'état de santé des platanes. Les propos de l'expert présent ce jour-là ont été les suivants : « Vos arbres sont dangereux ; ils peuvent tomber sur vous ou votre chien. » Son rapport préconisait : « Seuls treize arbres sont sains... Trente arbres (platanes et érables) sont à abattre. Certains sont creux et dangereux. D’autres sont extrêmement endommagés par les véhicules en stationnement. »

2°) Ils étaient sains. Selon plusieurs experts indépendants, y compris les professionnels qui les ont abattus, non seulement ces arbres ne présentaient aucun danger, mais avec un traitement approprié, tous (sauf un, qui n’était pas un platane) pouvaient retrouver rapidement une parfaite santé pour des décennies. M. Louis Vallin, 40 ans d’experience dans le domaine des arbres en ville et membre de la Commission des Sites des Hauts-de Seine, a constaté que non seulement les platanes de la rue Louis-Rolland ne présentaient aucun danger mais qu’ils faisaient preuve d’une résistance étonnante, avec un système racinaire bon, aucun signe de pourriture et donc un bon ancrage au sol.

3°) Ces platanes ont été malmenés durant de nombreuses années (M. Vallin) :

  1. élagages mal conduits, mal réalisés, avec des outils non nettoyés,

  2. absence totale de protection contre les chocs causés par les voitures,

  3. absence totale de protection contre les salages en hiver,

  4. pavage à la base des arbres ne laissant pas passer l’eau et favorisant une stagnation de l’eau  au pieds, sol compacté, mauvaise respiration du système radiculaire

  5. exposition permanente aux produits agressifs utilisés pour le nettoyage de la rue

  6. taille mécanique peu précise et trop répétée, arrachage de branches, absence d’enlèvement du bois mort dans le houppier.

Toutes les expertises, y compris celle de la mairie, sont accablantes sur la question de l’entretien. Ces mauvais traitements infligés aux arbres révèlent un travail défectueux, cause d’un gaspillage de notre patrimoine pour lequel nous demandons réparation.

4°) La valeur de ces arbres était d’environ 600 000€ selon le barème de valeur des arbres et des mesures de compensation du Guide de gestion contractuelle de l’Arbre des Hauts-de-Seine, signé par la mairie de Montrouge et dont “L’objectif est d’éviter que les arbres soient abattus, défigurés ou asphyxiés par des actions intempestives”. Leur abattage représente une perte de valeur pour la rue et pour la ville (et, selon un agent immobilier, un préjudice financier pour les riverains, puisque la valeur des propriétés est liée au caractère de la rue, désormais considérablement amoindri par la perte de cet alignement d’arbres historique). À cela s’ajoute la dépense que représentent l’abattage et la plantation de nouveaux arbres dans le budget provisionnel du réaménagement de la rue qui est de 300 000€ – un gaspillage grave des deniers publics, de surcroît en ce temps de crise, alors que cet argent aurait pu être tellement mieux employé ailleurs.

5°) Les cerisiers à fleurs programmés pour remplacer une partie des platanes (43 au lieu de 57 arbres) sont peu résistants à la pollution et à la lumière des lampadaires la nuit. Ils ont une durée de vie courte (ne dépassant pas 15 ans, à comparer aux siècles que vivent les platanes), et ont déjà dû être enlevés rue Sadi-Carnot. Il s’agit donc d’un projet à court terme, impliquant un remplacement fréquent des arbres, traités comme du mobilier urbain. Ceci représente une autre forme de gaspillage et montre un manque total de vision à long terme pour notre ville.

6°) Nous contestons la valeur du vote du 3 décembre.  Le projet de réaménagement de la rue, dont la présentation par la municipalité devait être l’unique objet de la réunion du 3 décembre, n'a été évoqué que de façon succincte. La convocation ne contenait aucune mention de l’abattage des arbres, seulement  “la mise à neuf des trottoirs, de la chaussée, l’enfouissement des réseaux de télécommunications et le remplacement des candélabres”. Beaucoup de Montrougiens concernés croyaient donc que le projet d’abattage des platanes avait été abandonné après le vote qui s’était prononcé à une large majorité contre ce projet le 30 mai dernier. Non seulement l’ordre du jour de la seconde réunion passait sous silence l’abattage des platanes, mais il n’annonçait pas non plus qu’un vote serait effectué à ce sujet. La décision obtenue par la mairie après ce vote ne représente donc pas la volonté de la majorité, exprimée massivement à la première réunion et réaffirmée depuis. Devant une délégation de riverains qui protestait contre cet ordre du jour incomplet, le maire a imputé cet “oubli” à “une erreur de [s]es services”. Plus de 700 personnes ont signé une pétition contre l’abattage des platanes, mais en dépit de cela, l’abattage a été executé à toute vitesse, sans prendre le temps de la réflexion ni d’un débat véritables.

7°) Les platanes sont ce qu’il y a de plus solide en milieu urbain. Ils résistent bien à la pollution, et les jeunes arbres, achetés préformés en pépinière, n'ont besoin d'un élagage que tous les 4 à 5 ans et seulement après 10 années d'existence.  Le platane orientalis, cultivar digitata, conduit en haute tige, redonnerait dignité, beauté, santé et valeur à la rue Louis-Rolland.

Pour la santé, le bien-être et la joie esthétique de tous les Montrougiens et visiteurs de notre ville, pour restaurer la valeur de notre patrimoine, et surtout dans l’intérêt des générations futures auxquelles nous devons léguer un cadre de vie aussi sain et agréable que celui que nous ont transmis les générations précédentes, nous exigeons la replantation d’un alignement de platanes rue Louis-Rolland.


Écrivez à la mairie cabinet.maire@ville-montrouge.fr 

et au préfet hauts-de-seine.pref.gouv.fr,

prenez rendez-vous pour voir le maire, et

signez la pétition pour replanter des platanes : www.monmontrouge.com

Comparez l’information affichée dans la rue Louis Rolland lors de l’aménagement de la rue aux vraies mesures effectués par les riverains sur place.  Vous remarquerez que les trottoirs sont actuellement moins larges qu’avant (ce qui est loin d’être étonnant puisque la chaussée a été élargie), et les arbres beaucoup plus petits.  Ces petits arbres décoratifs ont une espérance de vie en ville d’une dizaine d’années, à comparer aux 200/300 ans que survivent typiquement les platanes dans ces conditions.